Couleuvre à collier

Couleuvre à collier, Serpent nageur, Anguille de haie, Serpent d’eau Présent toute l’année sur le bassin de Saulx

Nom scientifique :

Habitat : Elle fréquente les endroits humides, bords de ruisseaux, rivières, mares et étangs, et nage avec aisance sur de longues distances. Elle nage en ondulant et en gardant la tête hors de l’eau. Elle peut aussi plonger et rester un quinzaine de minutes en apnée. On peut parfois la rencontrer en milieu sec. On peut en rencontrer éloignés d'un point d'eau d'une distance allant jusqu'à trois kilomètres, dans des coteaux pierreux et broussailleux, notamment lors de l'hibernation. Exceptionnellement, cette couleuvre peut quitter l'eau douce et s'aventurer en mer sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Comportement : Elle peut se déplacer rapidement et avec aisance, aussi bien sur la terre ferme que dans l'eau. Ce serpent est non venimeux et inoffensif pour l'Homme. L'espèce est ovipare et a une espérance de vie d'environ 25 à 28 ans. Quand un individu est sur le point de muer, son œil devient bleuté. Lorsque la couleuvre à collier est dérangée, elle peut tenter d'intimider l'intrus en s'aplatissant sur le sol pour paraître plus imposante et en élargissant sa tête, qui adopte ainsi une forme triangulaire comme celle des vipères. Si cela ne suffit pas, elle a tendance à fuir en nageant à grande vitesse à la surface de l'eau. Sinon, elle peut siffler fortement et frapper avec le museau sans ouvrir la gueule. Il est extrêmement rare qu'elle se défende en mordant. Si elle est saisie, elle s'enroule autour de son agresseur et sécrète une forte odeur en déversant le contenu malodorant de ses glandes cloacales. Elle peut également simuler la mort en se retournant sur le dos et en restant immobile, la bouche ouverte et la langue pendante.

Alimentation : Elle consomme surtout des vertébrés aquatiques : les batraciens et leurs têtards représentent 98 % de son alimentation, mais aussi des tritons et des poissons. Elle peut également consommer des lézards et des petits rongeurs. La couleuvre peut jeuner longtemps : elle a une prise environ tous les 20 jours mais peut rester près d’une année sans manger. Après la capture d'une proie, la digestion dure plusieurs jours, durée liée à la température.

Reproduction / Nidification : Des rassemblements prénuptiaux regroupant de nombreux individus (parfois plus d'une dizaine) ont lieu. Les mâles, non agressifs entre eux, y sont plus nombreux que les femelles et développent une parade nuptiale visant à attirer les femelles afin de s'accoupler avec elles. Généralement, ce sont les plus gros qui parviennent à s'accoupler. L'accouplement dure plusieurs heures. Durant la gestation, la femelle s'alimente moins régulièrement. 10 à 50 œufs (selon la taille de la femelle), sont pondus en juin-juillet et éclosent 4 à 8 semaines après, selon les conditions d'humidité et de température. Les œufs sont collés entre eux. La végétation en putréfaction (tas de compost) fait partie des lieux de ponte préférés puisqu'elle apporte chaleur et humidité. À défaut, la femelle peut pondre dans des terriers de mammifères, sous des pierres ou du bois mort. Lorsque les sites de ponte potentiels sont rares, plusieurs femelles peuvent pondre sur le même site et le réutiliser d'une année sur l'autre ; ainsi, plusieurs milliers d'œufs peuvent se retrouver au même endroit, ce qui entraîne, au moment des éclosions, une prolifération locale de couleuvreaux le temps qu'ils se dispersent. La ponte peut même avoir lieu au même endroit que les pontes d'autres espèces. À l'éclosion, les jeunes ressemblent aux adultes et ont une longueur de 15 à 20 cm environ ; ils sont tout de suite indépendants. La maturité sexuelle arrive vers 3 ans pour les mâles (environ 40 à 50 cm) et vers 4 ans pour les femelles (environ 60 cm).

Menace / Protection : Artificialisation des berges des cours d'eau, assèchement des zones humides et fragmentation de l'habitat. Sensible à la dégradation de son habitat, victime de la circulation routière. Pollution de l'eau, notamment par les insecticides, ou de l'introduction de prédateurs exogènes.